Archives pour mars 2009
1/ Mode « misanthrope » activé
Je ne sais pas ce qu’il m’arrive, mais je ne supporte rien depuis quelques semaines : ni mes collègues au boulot qui radotent sur les places du concert de U2 (ouais, leur dernier album est une daube, je boycotte…et pourtant, Dieu sait ce que U2 a représenté pour moi à l’adolescence !) et qui se vantent d’avoir réussi à avoir des places, ni les gens dans les transports en commun que j’ai envie de trucider, ni ma famille, ni personne. Un conseil : ne vous approchez pas trop de moi, je mords. D’ailleurs, j’évite du coup tout le monde du mieux que je peux pour éviter de péter un câble en public (je zappe les pauses cafés au boulot, je refuse de donner des news à ma famille qui s’en fout de ma gueule…j’y reviendrai). Avec ça, grosses idées noires qui tournent en rond (j’ai toujours eu des idées noires qui me traversent l’esprit, mais elles se font plus insistantes ces derniers temps…).
Du coup, Aloysius, comme il sent que rien ne va, il va me chercher des macarons Ladurée rien que pour sa Sirène et pour lui apporter un peu de réconfort. Y’a pas à dire, c’est vraiment une crème ce garçon.
2/ Le nouveau jouet
Ma famille a été prise en flagrant délit de mensonge. Disons pour faire simple qu’on m’a menti sur les emplois du temps: on préfère aller voir le bébé (mon neveu) plutôt que moi. Il faut dire que c’est vrai, je suis tellement moins intéressante qu’un être de 8 mois non doué de parole, rose , joufflu, qui bave, vomit et pleure sans arrêt (et qui habite à 20min de route et que l’on voit quotidiennement ou presque, alors que moi j’habite à 1h15 et on ne vient jamais me rendre visite !). Je ne vois pas l’intérêt de me mentir pour un sujet pareil, surtout quand ça vient de ma propre famille. Tout le monde ment tout le temps (putain, je parle comme Greg House !) mais bon, si la famille s’y met et que je le découvre, ça a juste le don de me foutre en rogne. Eh bien, qu’ils aillent tous se faire foutre, je suis en mode silence radio. ça et les leçons de morale à 2 balles de mon frère « Pense à ta famille d’abord, les amis ce n’est pas tout ! ». Sauf que les amis, je les ai choisi, et pas toi (dixit Maxime Le Forestier!). Surtout que je ne partage RIEN avec ma famille : je n’ai pas la chance d’avoir des parents qui s’intéressent à l’art et qui souhaiterait voir une exposition avec moi, ni d’avoir des sujets de conversation communs, tout est d’une platitude absolue, quand on ne me reproche pas « de ne pas être prête à avoir des enfants » (Maman, je t’emmerde! Va jouer avec ton petit-fils, ok ?)
Et ils peuvent tous crever avant d’avoir de mes nouvelles, ça leur apprendra à me prendre pour une conne. Ils savent pourtant que j’ai la rancune tenace. Je sais même pas si un torrent d’excuses pourraient les excuser…
3/Reims
Pour me changer les idées, Al et moi avons passé un samedi à Reims. Ce fut superbe. Déjeuner dans une petite crêperie, visite de la cathédrale, Free Hugs devant la cathédrales (je pensais que c’était un mythe, mais non, y’avait des nanas qui distribuait des embrassades gratuites!), visite du musée des Beaux-Arts et de l’exposition consacré à Camille Corot (à la lisière entre les classiques et les impressionnistes)…je suis tombée amoureuse de ce tableau (cliquez !) qui datent des années 30. Fait avec des coquilles d’oeufs, des perles et de la laque, j’avais envie de ramener cette peinture de Jean Dunant (célèbre laqueur art déco suisse) chez moi. Mais quand j’ai su que certains de ses travaux faisaient partie de la vente de la collection de feu Yves Sain Laurent qui a eu lieu dernièrement, je me suis dit que jamais je ne pourrais acquérir ces oeuvres… à moins de gagner au Loto. On a terminé par une visite au planétarium de Reims (entrée gratuite puisqu’on avait déjà payé le pass pour le musée !) où j’en ai pris plein les yeux. Je n’avais jamais été dans un planétarium de ma vie, et j’ai adoré être encerclée par les étoiles. Et puis, ça vous remet à votre place (insignifiante) d’humain dans l’immensité de l’univers.
Une belle journée de détente et de culture que j’ai partagé avec ma moitié (ça rachète un peu les moments pourris de la vie). On n’a pas eu le temps de s’approvisionner en champagne…mon seul regret !
Allez, sur ce bonnes semaines (misanthropes ?)
@ bientôt !
Sirène de Sorrente
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Je suis allée pour la première fois de ma vie samedi dernier dans un planétarium, celui de Reims pour être précise. J’ai toujours aimé les astres, et de toute façon, il faut être bon astronome pour être astrologue. Le scientifique qui animait la session nous a appris à placer les étoiles dans le ciel, et nous a projeté les dernières images en provenance des sondes spatiales. Pour conclure son propos, il nous a lu le passage d’un livre, écrit par un astronome célèbre. La sonde Voyager en 1996, depuis Pluton avait pris une dernière photo de la Terre. Et cela a inspiré cette citation, qui m’a bouleversé et qui résume très bien mon sentiment face à l’espèce humaine. Je voulais la faire partager à ceux que ça intéresse. (en gros, personne, mais ce n’est pas grave…)
Regardez a nouveau ce point. C’est la. C’est chez nous. C’est nous. Dessus, tous ceux que vous aimez, que vous connaissez, dont vous avez entendu parler, tout etre humain qui a jamais existé, ont vu leurs vies passer. La somme de nos joies et nos peines, de milliers de religions sures d’elles, d’idéologies et de doctrines économiques, chaque chasseur et cueilleur, chaque héros et chaque lache, chaque fondateur et destructeur de civilisations, chaque roi et paysan, chaque jeune couple amoureux, chaque mere et chaque pere, chaque enfant plein d’espoir, chaque inventeur et explorateur, chaque professeur de morale, chaque politicien corrompu, chaque « superstar », chaque « guide supreme », chaque saint et chaque pecheur dans l’histoire de notre espece a vécu la – sur une poussiere suspendue dans un rai de lumiere du Soleil.
La Terre est une tres petite scène dans la vaste arène du cosmos. Pensez aux flots de sang versés par ces généraux et empereurs pour que, dans la gloire et le triomphe, ils puissent devenir les maitres momentanés d’une fraction d’un point. Pensez aux cruautés sans fin commises par les habitants d’un coin de ce pixel sur les indiscernables habitants d’un autre coin, leurs fréquents désaccords, leur ardeur a s’entretuer, la ferveur de leur haines.
Nos poses, notre importance imaginée, le délire que nous aurions une place privilégée dans l’Univers sont tous remis en question par ce point de lumiere pale. Notre planete est une tache solitaire dans la grande obscurité qui nous enveloppe. Dans nos ténebres, dans tout cette immensité, il n’y a rien qui laisse croire que l’aide viendra d’autre part pour nous sauver face a nous-memes.
La Terre est le seul monde connu a l’heure actuelle qui abrite la vie. Il n’y a nulle part ailleurs, au moins dans un futur proche, ou notre espece pourrait migrer. Visiter, oui. S’installer, non. Que ça vous plaise ou non, pour le moment c’est sur la Terre que nous nous dressons.
On dit que l’astronomie est une expérience qui rend humble et qui forge le caractere. Il n’y a probablement pas de meilleure preuve de la bêtise des concepts humains que cette lointaine image de notre minuscule monde. A mes yeux, elle souligne notre responsabilité de traiter avec plus de bienveillance les uns envers les autres, et de préserver et apprécier la pâle tache bleue, la seule maison qu’on a jamais eue.
Carl Sagan, 11 Mai 1996
Bien dit…
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Décidément, après la lecture de Werther qui a trait au suicide, j’ai appris cette semaine que le père d’une connaissance s’était pendu. Dépressif, il avait fait du mal à sa famille et par culpabilité, il a décidé d’en finir. Je trouve que ce n’est pas si mal après tout d’avoir pris cette décision.
Vous allez trouver cela curieux, mais je trouve que le suicide est une belle mort, plus belle en tout cas que de crever d’une maladie incurable sous morphine dans un hôpital, dans un hospice de vieillesse, ou d’un accident. Pourquoi ? Parce qu’il y a une liberté dans l’acte de suicide. La mort frappe en général quand on ne s’y attend pas, et quand on se suicide, on décide soi-même de sa propre mort. Après, les raisons du passage à l’acte varient (desespoir, culpabilité etc).
Je ne comprends d’ailleurs pas pour cette raison pourquoi on veut à tout prix faire de la prévention, puisque c’est un acte en général réfléchi et voulu.
Je pense que je songe au suicide plus que la normale. Quand un train passe devant moi, je me dis que je devrais sauter sur les voies.
Pourquoi donc ? Voici quelques raisons :
J’ai d’abord honte d’appartenir à l’espèce humaine, qui est à mon avis le plus gros (le seul) bug commis par la nature. L’homme ne sert à rien : il n’est la proie d’aucun autre animal (il se détruit lui-même, encore mieux!), il ne sert strictement à rien sur cette Terre, mais n’a fait que bousiller tout ce qu’il trouve (pollution, non respect de la vie animale). Il est arrogant, et parce qu’il est un animal doué de conscience et d’une certaine intelligence, il se croit permis de tuer, de torturer les autres espèces animales et végétales de cette planète qui étaient là bien avant lui. Je suis désolée, mais toute espèce a droit de vivre et c’est pas parce que tu sais construire des routes, extraire du pétrole et construire un moteur que tu as le droit de tuer ce qui est autour de toi, être humain à la con !
L’homme est un animal sadique, il aime détruire ses semblables. Et je trouve que la vie est dure, trop dure pour certaines personnes sensibles (et je m’inclus dans cette catégorie). Il y a des gens qui se battent et qui aiment ça, qui aiment écraser les autres et dans ce monde à économie capitaliste, il faut avoir l’esprit de compétition pour survivre (sinon, t’es un loser). Et puis, il suffit de voir ce que l’homme a réussi à faire au cours de l’Histoire : tuer d’autres hommes parce qu’ils n’ont pas la même religion que soi, réduire en esclavage des hommes parce qu’ils ont une couleur de peau différente, etc… Perpétrer des horreurs sans aucune faculté d’empathie, c’est tout ce qu’il sait faire.
Vivre au milieu de mes semblables est pour moi une chose qui me coûte. Les autres ne vous acceptent jamais tel que vous êtes, même votre propre famille. Ils n’agissent que par intérêt, pour gagner de l’argent (et donc du pouvoir) ou du sexe, ou de la reconnaissance. L’homme n’est que très peu capable d’empathie (ce qui est pour moi une grande qualité, que peu possède), et se fout de la souffrance de son prochain.
Alors que reste-t-il ? L’amitié ? Oui, si celle-ci parvient à résister aux aléas de la vie. (Genre : « je refuse de venir à un anniversaire parce que j’ai un gamin à garder », « ma nouvelle petite amie est plus importante que toi. ») L’amitié est une valeur à laquelle j’ai toujours cru (le amis sont la famille que tu te choisis), mais avec le temps, je doute de plus en plus de la solidité de cette valeur (en gros, l’amitié ce sont les miettes qu’on file quand on s’est déjà occupé de sa famille et son boulot). Et puis, je pense que personne ne m’ai jamais véritablement aimée et comprise.
L’amour de sa famille ? Je rappelle que la famille est plus souvent un lieu de souffrance que de joie (inceste, violences physiques ou psychiques, chantage mental, je continue la liste ?). Dans mon cas, elle ne m’a jamais accepté telle que j’étais. Elle m’a toujours catégorisé (l’intello, la moralisatrice, la rabat-joie) Et maintenant que je suis adulte et autonome, elle se fiche pas mal de ce que je suis. (bah, les neveux sont des jouets tellement plus intéressants, c’est vrai que sa de fille avec ses états d’âme à la con, c’est nettement moins sympa…).
L’amour de son partenaire ? Oui et non. Ce n’est jamais un amour pur et désinteressé, y’a toujours des rapports de force (dans le sexe notamment, dans la répartition des tâches ménagères etc), sans parler des souffrances autres. (Amour non réciproque etc…).
L’amour de ses enfants ? Ahahh, la bonne blague. cf la famille.
Résultat : je trouve qu’il ne reste plus grand chose qui vaille la peine d’être vécue. Tout n’est que déception au final. Si, quand on cherche bien, il reste quand même la comptemplation de la nature (quand elle est encore pas trop abîmée par les hommes), les oeuvres d’art (qui produites par d’autres hommes dénoncent leurs défauts, et nous permet aussi de nous évader de ce monde de merde.)
Et puis, après tout, que suis-je à l’échelle du reste de l’humanité, à l’échelle des étoiles ? un pion parmi d’autres (une stat’ INSEE, un pion interchangeable dans une entreprise, un abonné de la RATP…), un amas d’atomes quelconque… Ma vie est proprement insignifiante. Certes, si je disparais brutalement, quelques personnes qui ont un peu d’estime pour la personne (compliquée) que je suis, vont être tristes, vont pleurer (et encore…il y a un bon nombre d’hypocrites). Ouais, ok, ça durera quelques mois. Et leur vie continuera sans problème : ils aimeront, ils pollueront, ils continueront de se battre pour des miettes de pouvoir, pour l’argent et le sexe. Et moi, je ne serai plus là pour voir cela, et c’est tant mieux.
Je l’ai déjà dit à mes parents – ça les a choqué d’ailleurs – que j’aurais préféré ne pas naître, ne pas exister. Si on m’avait dit : « tu as le choix entre cette vie et le néant. » Pourquoi aurais-je choisi de me faire chier à me battre, à souffrir ? Pourquoi je continue de me faire chier à me battre pour rien, à souffrir pour rien ? J’aimerais avoir le cran de laisser ce monde à ceux qui l’aiment encore et à ceux qui y croient. Moi, ça fait longtemps que je n’y crois plus, on court à notre perte. Et il n’y a rien à faire pour le sauver. La preuve: j’ai renoncé à procréer (infliger la vie à quelqu’un qui n’a rien demandé ?) et j’ai arrêté de faire des projets à long terme dans tous les domaines.
Ne pensez pas que c’est un coup de blues. Je suis parfaitement lucide dans mon discours et ça fait plusieurs années que j’ai ces convictions. Plus le temps passe, et plus l’humanité m’apparaît dans sa laideur ifinie. Je parviens à le supporter. Pour l’instant. Mais pour combien de temps encore ? Seul l’avenir nous le dira.
* « Such a nice day to throw your life away/ Such a nice day to let it go! » U2 dans Wire (The Unforgettable Fire – 1984)
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LES SOUFFRANCES DU JEUNE WERTHER
(En V.O : Die Leiden des jungen Werthers)
De Johannes Wolfgang Goethe
1776

Editions Classiques de poche
Avis : 9/10
Résumé
Werther, jeune homme issu d’une famille aisée, part vivre à la campagne. Lors de son séjour, il rencontre Charlotte, la fille aînée du bailli du village. Ils partagent beaucoup de points communs. Et bien qu’elle soit fiancée à un jeune notable, Albert, Werther tombe éperduement amoureux de Charlotte. Las de souffrir et de se voir éconduit, il décide de se suicider.
Avis
Quelqu’un (une curieuse bête à laine) m’a dit un jour : « Adeline, tu es trop « Sturm und Drang »! », comme un reproche pour qualifier mon caractère passionné et entier. (Note pour moi-même : il a sûrement oublié ce qu’il m’a dit et dans quel contexte douloureux il a dit cela…comme tout ce qu’il m’a dit d’ailleurs…Y’a vraiment des claques qui se perdent !). Mais je ne peux m’empêcher d’y voir un certain fond de vérité, d’où le titre de mon article qui singe Flaubert au sujet de Madame Bovary, je peux dire que oui, « Werther, c’est moi! ». (Celui qui fait la blague du « Werther’s Original » , dehors ! )
Pour ceux qui n’ont pas passé plusieurs années à étudier la littérature allemande (comme la Sirène de Sorrente dans une vie antérieure), le « Sturm und Drang » (en français : « tempête et élan ») est un mouvement littéraire allemand qui a préfiguré le romantisme du XIXeme siècle. Le Werther de Goethe est emblématique de ce mouvement, qui marque un engouement pour le « coeur », la sensibilité, la passion, bref toutes ces choses qui font le sel de la vie.
Je ne l’avais jamais lu, alors que mes études littéraires auraient dû m’y pousser à le faire plus tôt. Or, je me dis que j’ai bien fait de le lire aujourd’hui et pas avant, si je l’avais lu ne serait-ce que deux ans auparavant, avec moins de recul sur certaines expériences personnelles, peut-être ne serais-je moi-même plus de ce monde. Surtout que j’ai toujours eu une facsination pour le suicide. (J’en parlerai peut-être un jour dans un autre article).
Ce qui fait la force de ce roman, c’est son caractère universel. Je me suis littéralement retrouvé en Werther, j’ai ressenti dans ma vie personnelle, avec la même intensité, toutes les affres de la passion telles qui les as décrites : le manque physique, le vide, l’obsession qui devient morbide, la culpabilité, les pulsions de meutres, le desespoir, les rêves qui vous assaillent la nuit, et l’envie d’en finir. Werther écrit tout cela, et moi aussi, j’ai eu le besoin d’écrire cela…même si nos histoires n’aboutissent pas à la même conclusion. D’ailleurs, beaucoup de jeunes gens se sont retrouvés dans le personnage de Werther (le roman fut un immense succès à travers toutes l’Europe dès sa première publication), si bien que la lecture du roman engendra une vague de suicides sans précédent. On nomme désormais en sociologie « Effet Werther » les suicides engendrés par la médiatisation du suicide d’un personnage ou d’une célébrité (ex : la mort de Kurt Cobain engendra un effet Werther). Donc, je ne suis pas la seule à m’être reconnue dans cette histoire d’amour tragique, dans l’exaltation des sentiments, dans la douleur, d’autres l’ont fait bien avant moi. Et même si tout se passe dans une socièté disparue (le XVIIIeme siècle est bien loin…), tous les sentiments décrits sont modernes et universels.
Werther, outre son histoire sans issue avec Fra… euh…Charlotte, est un jeune homme mal dans son siècle. C’est lisible en filigrane dans le roman : il a fuit sa famille, il fuit la ville. Et prendre un emploi de notable (ce qu’il fait pour fuir Charlotte qui le dévore) lui est insupportable; les aristocrates sont pédants, intrigants, et Werther ne le supporte pas. Il se réfugie dans les livres (Homère, Ossian), passion qu’il partage avec Charlotte, c’est d’ailleurs en débattant de littérature qu’ils se rencontrent (y’en a bien qui partagent une passion pour le rock progressif…).
En revanche, je n’ai pas autant d’admiration que Werther pour Charlotte, dont on apprend à la fin qu’elle aime Werther comme un frère (elle n’aurait pas pu lui dire plus tôt, au lieu d’entretenir l’ambiguité ? Connasse ! Surtout que son mari lui avait dit, genre elle savait pas!). Je pense qu’elle entretenait l’ambiguité par orgueil, même si ce n’est jamais dit explicitement.
De toute façon, le roman qui se composent des lettres (sans réponse) qu’écrit Werther à son meilleur ami Wilhem, nous exposent les faits vus à travers le seul prisme de sa subjectivité. D’ailleurs, les états d’esprit de Werther sont corrélés au rythme des saisons ( le printemps pour la rencontre…jusqu’à l’hiver pour le suicide), et c’est typique du romantisme de voir dans la nature le reflet de ses sentiments. (j’adore ce lyrisme-là à la Eichendorff !)
Voilà, pour toutes ses raisons, j’ai adoré ce roman. Malgré l’époque et les convenances décrites qui sont révolues, le roman garde une force et une modernité intactes. ( Et je ne lis pas Goethe pour me la péter « intellectuelle »!)
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Harvey Milk
de Gus Van Sant
Avec Sean Penn, Josh Brolin, Emile Hirsch

2009
Vu au cinéma en compagnie d’Aloysius
Avis : 8,5/10
Résumé
Le film retrace les 10 dernières années de la vie de Harvey Milk à San Francisco dans les années 70, défenseur militant de la cause homosexuelle et premier élu local ouvertement homosexuel.
Avis
Rien que les deux noms accolés : Gus Van Sant (réalisateur -gay- entre autres de Last Days, Elephant et Will Hunting) et Sean Penn m’ont donné envie d’aller voir le film !
Gus Van Sant, capable de grande expérimentation (notamment dans Elephant) revient ici à un cinéma hollywoodien plus classique pour mettre en scène la vie de Harvey Milk. Il n’hésite pas à insérer des images d’archives dans le film et parvient à nous plonger directement dans l’ambiance des seventies.
Les acteurs sont tous plus impressionnants les uns que les autres : Sean Penn bien sûr que j’aime beaucoup, le genre de type qui peut tout jouer (un attardé dans Sam, je suis Sam, un truand dans Mystic River, un flic dans l’Interprète…il mérite son Oscar !), Emile Hirsch (révélation de Into The Wild) joue parfaitement le jeune activiste et Josh Brolin campe avec brio l’assassin de Milk qui conserve tout son mystère. (Pourquoi finit-il par assassiner Milk et le maire de San Francisco ? les motifs sont flous).
Milk est un personnage attachant (un peu clownesque, il fait des blagues sans arrêt), engagé, humain et qui a sacrifié l’amour de sa vie pour faire reconnaître les droits des homosexuels. Mais il est toujours resté très lucide sur les risques qu’il prenait. Pour preuve (et c’est bien un fait réel), il avait enregistré des cassettes au cas où il mourrait assassiné et il y prononce cette phrase quasi prophétique : « Si une balle devait traverser mon cerveau, laissez-la briser aussi toutes les portes de placard ». Il mourra tué par balles.

Le pire, c’est qu’on se dit que l’avancée sur les droits des homos n’a avancé que depuis quelques années…30 ans, ce n’est pas si loin…
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Comme dans le roman Replay de Ken Grimwood, il m’arrive parfois d’avoir envie de vivre d’autres vies… Voici en résumé les quelques vies rêvées que j’ai en tête…
1/ Une vie altruiste
Dévouée à la cause animale, je suis devenue vétérinaire. Je n’ai pas écouté mes parents qui m’ont martelé : « tu n’es pas assez bonne en maths pour passer le concours », de toute façon, il n’en savent rien. Je m’oriente vers une première S, et je prends des cours particuliers en mathématiques pour arriver au bac S. Je rentre ensuite en prépa véto. Je sors de l’école de Maisons-Alfort. Mes parents sont heureux que je ne les ai pas écouté au final. Je me spécialise dans les NAC. J’épouse un collègue vétérinaire et on ouvre notre cabinet ensemble dans un coin de la France. Et je me dis que j’ai un métier absolument gratifiant (même si euthanasier un animal n’est pas drôle)…
2/ Une vie d’amoureuse-groupie
Je rencontre à un concert de quartier le bassiste d’un groupe amateur. C’est la passion absolue. Je deviens sa Muse, il m’écrit des chansons magnifiques. Je lui écrit en retour des poèmes plein d’érotisme passionné. On s’envoie en l’air partout, et même dans les endroits les plus insolites de Paris. Il me trompe. On se quitte. On se remet ensemble. On fume des joints, on vit du RMI. Mes parents me renient à cause de ma vie de bohème. Et je meurs à 29 ans, transie de désespoir, en me jetant dans la Seine, parce que mon bassiste de rock adoré s’est tiré avec une pouf de 18 balais…Une vie courte mais intense.
3/Une vie ésotérique
Je rencontre par l’intermédiare d’un forum un vieux maître en astrologie, qui décide de me prendre comme disciple pour prendre sa relève. J’étudie de longues années les aspects et leurs secrets. Et introduite dans les milieux les plus étranges (franc-maçonnerie etc), je deviens une experte en interprétation des astres., en tarologie, en runes divinatoires celtiques, en astragalomancie, en chiromancie, en numérologie, en stichomancie, en oracle Belline… Je deviens plus célèbre qu’Elizabeth Tessier, Didier Derlich et Madame Soleil ! J’ai écrit beaucoup de livres de vulgarisation dont le fameux « L’astrologie, un art même à la portée de Johnny Hallyday » . Je meurs à 103 ans, et mon surnom « Nostradama » passe à la postérité.
4/Une vie éclair
Bah, je m’électrocute en mettant des clous dans une prise à l’âge de 24 mois. (le pire, c’est que ça a failli m’arriver pour de vrai)…
5/Une vie d’universitaire
Après ma brillante prépa littéraire, j’entre à l’ENS. Je deviens prof dans une université, ce qui m’ennuie profondément, mais qui est au fond une bonne planque pour assouvir ma véritable ambition : parvenir à parfaire mon style poétique et être publiée. Je m’accoquine avec tous les grands écrivains du moment (Houellebcq, Sollers, Nothomb) moyennant quelques coucheries par-ci, par là (il faut bien passer à la casserole, sinon, on est bien cuit dans le milieu, et puis, ils sont tous tellement frustrés… ). Je publie donc mon premier recueil de poèsie intitulé « Desillusion Elysion » à 27 ans qui connaît un relatif succès parmi les normaliens.Je meurs à 59 ans d’une crise cardiaque après avoir été jury d’une thèse sur « le langage SMS, et l’évolution pragmatique de l’orthographe française ».
6/Une vie de chanceuse
Je gagne au Loto à 28 ans…Je fais plein de dons à des oeuvres caritatives (WWF, Greenpeace, Handicap international etc). Je m’offre beaucoup de voyages partout. Je termine ma maison, je m’achète de belles oeuvres d’arts et un chalet dans les Alpes suisses. Je prends des cours d’astrologie auprès d’un mentor réputé et je deviens bénévole dans un refuge pour animaux.
7/Une vie normale
J’ai 28 ans. Après un parcours littéraire, je décide de bifurquer en logistique pour être plus payée. Je travaille pour vivre. Mes loisirs se résument au cinéma (mais comme les places sont de plus en chères et que le temps manque, j’y vais moins souvent), à des balades en forêt, à écouter d’obscurs groupes de rock progressifs des années 70 que même Itunes ne vend pas. Je m’offre un voyage par an. Je vis avec mon petit ami de longue date dans la maison que nous avons choisie. Une vie de labeur, sage et très (trop) tranquille.
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1/ Pour l’extinction de l’espèce Requin-Choucroute
Ah, je vous jure, celui-là, si je pouvais lui harponner sa petite tête de requin…je le ferai avec délectation ! Dans la série « La Choucroute emmerde la Sirène », La Choucroute joue au petit chef. Vous allez me dire qu’il n’y a aucune raison puisqu’il n’est pas directement mon boss, sauf que j’ai un projet annexe avec un membre de son équipe et qu’il se permet de me foutre la pression, alors que le projet n’est pas prioritaire. Je réfléchis à un plan machiavélique pour le faire chier mais je suis un peu à court d’idées.
Deuxièmement, ce petit con de Parisien de mes deux (NB: je n’ai rien contre les Parisiens en général, mais pour les Parisiens nombrilistes et arrogants qui abhorrent la Province, oui !) se permet de se foutre de ma gueule parce que je suis contre le démantèlement de la région Picardie. Qu’est-ce que ça peut lui foutre ? Et c’est un comble en sachant qu’il est diplômé de l’UTC de Compiègne, ville qui se trouve en Picardie, la région de péquenauds !
J’ai très envie de m’offrir ça…
Une poupée vaudoue à poser sur mon bureau pour passer mes nerfs ! Prends ça, ptit con !
2/La nuance et la précision se perdent…c’est moi qui vous le dis.
Triste constat. Juste pour vous situer l’histoire : je me devais de coordonner des infos pour répondre à une demande de marchandise urgente et non anticipée. Je dis : « Je pense que la marchandise ne sera pas prête avant début Avril parce qu’il manque du packaging. »…et ça revient à mes oreilles : « Adeline a dit que c’était pas possible »…Mais j’ai jamais dit ça, putain ! Adeline a dit qu’il fallait étudier le délai. Je déteste qu’on déforme mes propos, et encore moins quand c’est la nana numéro 3 de ma boîte ! Et après, ça a fait un foin pas possible. J’ai dû renvoyer un mail pour calmer le jeu. Mais à quoi servent les boss, je vous le demande… 
3/Vie culturelle
J’ai pris mon vendredi après-midi la semaine dernière pour aller voir l’exposition sur David LaChapelle. Mais vous le savez déjà, j’en ai pensé que du bien. Aujourd’hui rebelote, j’ai pris la 2eme moitié de mon RTT pour aller chez le coiffeur et me faire un après-midi « Astrologie » au calme chez moi, puisque ça fait longtemps que je n’ai pu me plonger l’esprit au coeur des aspects astraux.
Sinon, je trouve qu’il y a plein de bons films et de bonnes expositions en ce moment. (Wahrol, De Chirico…)
Et voilà ce qui tourne dans mon Ipod. Vintage 1975 & « Ecole de Canterbury »… avis aux amateurs de Mellotron désuet, Sirène de Sorrente écoute Caravan, et voici mon morceau préféré. 
4/State of mind…
Je me pose plein de questions ces temps-ci. Je commence à détester mon âge. En cette fin de vingtaine, tout le monde commence à s’encroûter autour de moi, ça en devient rageant. J’ai plusieurs exemples : des amis/connaissances qui pouponnent et préfèrent torcher le cul merdeux de leur progéniture plutôt que de participer à un évènement amical important. ça me dégoûte…Plus personne n’est motivé pour rien à part amener ses gamins au parc. Je veux voyager, m’amuser, sortir, faire des soirées déguiséesoù on se balance des mots d’esprit et où on parle culture et non pas layette ! Rien à foutre de la première dent de Léa/Théo ! J’ai une grosse envie de tout envoyer chier : la maison et les corvées/soucis associés, je laisse les amis hétéros pépères et leurs mômes gueulards dans leur poussettes tout terrain dernier cri, la famille et ses prises de tête et d’aller faire la fête, de voir des gens intéressants, cultivés, drôles !
J’ai aussi envie de changer de métier, si je pouvais tout faire dans cette vie, je ferai des études vétérinaires, ou j’approfondirai mes connaissances ésotériques, ou je me mettrai à la palette graphique, au final je ferai quelque chose de plus valorisant, de plus créatif et de plus ouvert que des pinailleries sur des délais d’approvisionnement et des analyses prévisions versus budget. J’ai l’impression d’être enfermée, limitée dans mon autonomie, et je n’aime pas avoir cette impression.
5/ Au fait…
Ma nouvelle coupe de veuches toute fraiche de cet après-midi…plus courte, très moderne, très graphique… J’adore ! Au passage, la jeune coiffeuse qui s’est occupée de moi a été ADORABLE du début à la fin…pour un prix somme toute très raisonnable. Je reviendrai ! 
 Autoportrait 6 mars 2009 dans le RER, à l'Ipod
 Autoportrait II - Regard détourné dans le RER et 'Ipod
Sur ce, bonnes semaines et @ bientôt ! 
Sirène de Sorrente
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Exposition
Rétrospective David La Chapelle
à l’hôtel de la Monnaie
Paris VIème

Tarif : 10€
Avis : Superbe !
Avis
David LaChapelle est un photographe américain comtemporain (icône de la gay culture…aussi !). Il est connu notamment pour ses photos de mode et de stars comme Elton John, Lil’Kim, Paris Hilton, Drew Barrymore, Angelina Jolie etc. Son style est très marqué : les couleurs sont très vives, quasiment saturées. Les photos sont réalisées sans aucun trucage numérique (sauf pour quelques séries de clichés). Et ses influences sont très nettes : pop art, surréalisme, rénaissance italienne, pornographie (plastique des corps souvent ultra parfaites).
 Hi Bitch ! Bye Bitch ! (Paris Hilton)
Voilà tout ce que j’avais en tête quand je suis allée voir l’exposition qui regroupe de nombreux clichés, certains très récents (2008) et d’autres plus anciens (1995) et se présentait comme une vue d’emsemble de son travail.
Si on connaît déjà beaucoup ses portraits de stars, j’ai découvert une facette de l’artiste que je ne connaissais pas à travers ses dernières séries de clichés : une critique de la société américaine de consommation (via des photos comme le Déluge, où des hommes et des femmes luttent dans l’eau où flottent des enseignes déchues comme Burger King ou Gucci, ou encore les voitures de luxe concassées), une critique de l’Amérique nationaliste et de la guerre en Irak à travers la série de clichés (géniaux !) intitulée Recollection of America, une pure merveille sur laquelle je veux m’attarder. Le photographe a acheté d’occasion des photos de famille des années 70 dans lesquelles il a inséré des détails troublants : des armes, des insignes nationalistes, des bouteilles de whisky, des jeunes hommes ivres. J’ai éclaté de rire devant un cliché représentant une mamie, avec un T-Shirt « Bush Kills » qui tenait une assiette de bretzels ! Il s’agit bien sûr d’une allusion à Bush qui a failli s’étouffer en mangeant un bretztel. Et lorsqu’on regarde les clichés, il est quasiment impossible de faire la différence entre les détails ajoutés et les personnages d’origine de la photo 70’s, ce qui donne à l’ensemble de la série de photo une impression de malaise, d’horreur cynique.
 Recollection of America
Mention « Génial » aussi pour un cliché de 2008 intitulé : Martyr and 72 Virgins, allusion au Coran et à la promesse que l’on fait aux kamikazes islamistes qu’au paradis se trouvent 72 vierges qui l’attendent. La photo, où l’on voit 72 poupées Barbies habillées en tchador et burka en train de ligoter un homme au sol, devient une sorte de manifeste féministe.
 Martyr and 72 Virgins
LaChapelle s’inspire aussi beaucoup de la religion notamment dans une pieta moderne mettant en scène Courtney Love tenant dans ses bras un jeune homme blond d’allure christique (ressemblant étrangement à Kurt Cobain) et un bébé à l’air angélique…une pieta à plusieurs sens : biographique (portrait de famille de Courtney Love, Kurt Cobain défunt et de leur enfant Frances Bean) et sociale (le jeune homme martyr de la drogue), et un hommage à la renaissance italienne.
 Pieta with Courtney Love
Une exposition vraiment superbe (qui m’a vraiment déconnecté du boulot et de mes soucis du moment… ) où j’ai découvert un autre David LaChapelle, encore plus drôle, ironique et critique que je ne le pensais.
Petit détail pratique : Attention, l’exposition est très fréquentée. J’y suis allée un vendredi midi, et ça allait. Mais quand j’ai quitté l’expo à 14h30, beaucoup de monde est arrivé et c’était difficile…Alors bon courage !
Seul regret : Je n’y suis pas allée avec Jonathan qui adoooooore LaChapelle et qui m’a fait découvrir l’artiste… et c’est bien dommage !
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GRAN TORINO
de Clint Eastwood
Avec Clint Eastwwod

2008
Vu au cinéma en compagnie d’Aloysius
Avis : 8,5/10
Résumé
Walt Kowalski, ancien combattant de Corée à la retraite, bourru, raciste et délaissé par sa famille, vient de perdre sa femme. Au même moment, une famille asiatique s’installe dans la maison voisine. Contre toute attente, Walt et Tao, le fils des voisins, vont se lier d’amitié.
Avis
Les films de Clint Eastwood ont tous en commun une réalisation irréprochable, des personnages subtils, empreints de pudeur. Il aime aussi les drames humains. Ce film ne déroge pas aux critères habituels, et pour notre plus grand plaisir, Clint joue ici le personnage principal.
Le film est un beau mélange de tragi-comique : c’est une sorte de critique sociale (c’est dur parfois !) que le personnage de Walt Kowalski – peu avenant d’abord, mais qui gagne tout au long du film en tendresse jusqu’au magnifique dénouement – vient ponctuer de ses jurons haut en couleur (un peu comme un Capitaine Haddock amerloque ! ).Je salue au passage la performance de Clint Eastwwod, qui s’est plus illustré ces dernières années en tant que réalisateur qu’en tant qu’acteur. Il prouve par son jeu époustouflant qu’il est encore un grand monsieur, à l’image de la mythique Ford Gran Torino que possède Walt, qui attire les convoitises et donne son nom au film.

Le personnage de Walt, hanté par les crimes commis lors de la guerre de Corée, s’adoucira au contact de ses voisins pour enfin trouver une rédemption aussi inattendue que sublime. (Ah, le sacrifice, j’adore!)
J’aime définitivement le cinéma de Clint Eastwood. Et je vous recommande ce film !
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